CÓRDOBA (Argentine)


CÓRDOBA (Argentine)
CÓRDOBA (Argentine)

CÓRDOBA, Argentine

Seconde ville d’Argentine après Buenos Aires, avec 1 179 000 habitants (estimation de 1991), Córdoba (chef-lieu de la province homonyme) est aussi la capitale de l’intérieur. Au contact de la Pampa et de la serria de Córdoba, qui la limite à l’ouest, elle exerce son influence sur toute l’Argentine subtropicale et andine de l’Ouest et du Nord-Ouest. Les colonisateurs espagnols surent apprécier cette situation ainsi que le site de piémont irrigable, de sorte qu’aux XVIIe et XVIIIe siècles la ville comptait déjà une aristocratie terrienne, une bourgeoisie commerçante et un riche clergé qui y créa la première université argentine (en 1613). À la fin du XIXe siècle, la «conquête du désert» lui ouvre l’espace pampéen en élargissant les limites de la province de Córdoba. La crise de 1930 permet de mobiliser les immigrants (métis du Nord-Ouest, Italiens et Espagnols de la Pampa agricole) pour l’industrialisation décidée par les responsables politiques tant nationaux que locaux. Les forces armées, notamment, développent des industries mécaniques; celles-ci seront reconverties (transports routiers et ferroviaires) et démultipliées à partir de 1955 par des investissements américains, italiens et français, notamment dans le domaine de la construction automobile. L’expansion industrielle de la décennie 1955-1965 (due en partie à la disponibilité d’énergie électrique fournie par le bassin du San Roque), qui voit s’implanter des industries chimiques, textiles, agroalimentaires et des cimenteries, provoque un fort appel de migrants depuis les régions subandines, tandis que les descendants des petites bourgeoisies rurales pampéennes prennent en charge les services et les emplois d’encadrement. La structure sociale et le tissu urbain de Córdoba subissent de profondes transformations qui bouleversent le dessin et la morphologie de cette ville, naguère célébrée pour son charme «colonial»: d’immenses quartiers modernes, résidentiels ou populaires, parfois miséreux (villas miserias ) poussent à la périphérie du noyau historique. Ces transformations provoquent aussi de violentes tensions, déterminantes parfois dans l’orientation politique du pays.

Ces tensions, aggravées par un ralentissement marqué de la croissance industrielle au profit du bas Paraná, sont liées au maintien des divers héritages socio-économiques de la ville et à leur confrontation avec une classe ouvrière structurée et combative. Elles traduisent aussi la vigueur de l’antagonisme qui oppose l’ensemble du corps social de cet étonnant creuset culturel et politique qu’est Córdoba au pouvoir central et aux couches dirigeantes de Buenos Aires dans la poursuite de sa vocation de grande métropole de l’intérieur. Córdoba est un important nœud de communications vers la Pampa et les villes du Nord-Ouest.

Encyclopédie Universelle. 2012.